Damien Saez
Saez pousse son premier cri en août 1977, quinze jours avant qu'Elvis Presley n'aille frapper aux portes du Paradis et au moment précis où les Sex Pistols prônent l'anarchie. Neuf ans plus tard, Saez entre au conservatoire, apprend le piano et étudie assidûment le solfège, jusqu'à développer une oreille absolue. Mais le classicisme a ses limites, le gamin déplore l'absence d'espace laissé à la composition, il préfère se mettre à la guitare, en autodidacte cette fois. Le ver s'immisce irrémédiablement dans le fruit défendu, les temps changent.
Depuis, l'évolution musicale de cet auteur-compositeur lumineux a toujours été en perpétuel décalage. Provocateur torturé, romantique hanté par la mort, ce personnage contrasté fait figure d'Oedipe Roi, portrait crashé d'une jeunesse sans repère, abîmée, immolée sur l'autel de l'uniformisation. Sur le toboggan d'une voix aux multiples octaves, Saez envisage la force du rock comme un vecteur expressionniste, nourrisseur de rêves.
Ses textes lui ressemblent, tranchants comme la faux de la mort, ses décibels sont rebelles et sa gueule d'amour crache autant de venin qu'elle fait tourner les têtes. Simple, innocent et frais comme du bon pain, Saez traîne sa dégaine de sale gosse effronté. Il se met en avant pour exister, s'impose de lui-même et, finalement, emmerde tout le monde. Il aime prendre des risques, faire croire qu'il va déraper pour mieux se rattraper, prêcher le vrai pour dénicher le faux. On le croit sombre, mais sa lumière est polaire. On le voudrait glamour, mais ses reflets sont métalliques. Il est Saez et personne d'autre, un artiste bombardé d'émotions qui, à lui seul, parvient à sonner comme un groupe.
Depuis, l'évolution musicale de cet auteur-compositeur lumineux a toujours été en perpétuel décalage. Provocateur torturé, romantique hanté par la mort, ce personnage contrasté fait figure d'Oedipe Roi, portrait crashé d'une jeunesse sans repère, abîmée, immolée sur l'autel de l'uniformisation. Sur le toboggan d'une voix aux multiples octaves, Saez envisage la force du rock comme un vecteur expressionniste, nourrisseur de rêves.
Ses textes lui ressemblent, tranchants comme la faux de la mort, ses décibels sont rebelles et sa gueule d'amour crache autant de venin qu'elle fait tourner les têtes. Simple, innocent et frais comme du bon pain, Saez traîne sa dégaine de sale gosse effronté. Il se met en avant pour exister, s'impose de lui-même et, finalement, emmerde tout le monde. Il aime prendre des risques, faire croire qu'il va déraper pour mieux se rattraper, prêcher le vrai pour dénicher le faux. On le croit sombre, mais sa lumière est polaire. On le voudrait glamour, mais ses reflets sont métalliques. Il est Saez et personne d'autre, un artiste bombardé d'émotions qui, à lui seul, parvient à sonner comme un groupe.


